Le placement en orbite basse de deux démonstrateurs de télécommunications marque une nouvelle étape dans la préparation du futur réseau spatial de la NASA. Lancés avec succès le 20 octobre lors du vol partagé Bandwagon-5 de SpaceX, les engins doivent servir à évaluer des prestations proposées par Viasat et SES Space and Defense.

NASA Blogs en a fait état mardi 20 octobre. Les deux entreprises devaient ensuite préparer des essais étalés sur les semaines suivant le lancement, mais la publication ne présentait encore aucun bilan des communications réalisées en orbite.

L’enjeu tient à la diversité des échanges entre une mission et la Terre. Les instruments scientifiques produisent parfois d’importants volumes de mesures ou des images en 4K, qui réclament des liaisons à haut débit. Le suivi de l’engin et l’envoi de commandes élémentaires utilisent des flux plus modestes, dont la disponibilité reste néanmoins déterminante.

Ces deux catégories ne sont pas interchangeables. Un satellite capable d’expédier rapidement ses observations doit aussi pouvoir recevoir les instructions de ses opérateurs, tandis qu’une liaison de commande stable ne suffit pas à rapatrier de vastes ensembles de données. Les démonstrations doivent donc examiner les deux fonctions au sein de réseaux commerciaux complets.

Pour Viasat, les essais reposeront sur Maxwell, un engin construit par Rocket Lab. Les transmissions doivent circuler entre ce véhicule, les satellites géosynchrones de Viasat et le réseau mondial de stations au sol exploité par l’entreprise.

Viasat prévoit d’ajouter à cette chaîne un routage intelligent et autonome. Le système doit sélectionner et organiser le chemin des informations entre les différents nœuds spatiaux et terrestres, avec l’objectif de préserver la connexion et la circulation des données au fil du vol. La démonstration permettra d’étudier cette logique dans un environnement orbital réel.

SES Space and Defense a retenu une organisation fondée sur plusieurs altitudes. Sa flotte O3b mPOWER en orbite terrestre moyenne doit transporter les flux à haut débit. Ses satellites géosynchrones sont, eux, destinés aux signaux à plus faible débit échangés avec le démonstrateur.

Les stations terrestres de SES complètent cette architecture. L’entreprise entend ainsi proposer une connectivité continue, en attribuant des fonctions distinctes aux segments en orbite moyenne et géosynchrone. Ce fonctionnement sans interruption constituait toutefois un objectif à tester, et non un résultat déjà établi dans le texte de la NASA.

L’initiative découle du Communications Services Project. En 2022, la division Space Communications and Navigation de la NASA avait attribué 278,5 millions de dollars à des industriels afin de développer des services satellitaires adaptés aux missions spatiales.

Ce financement accompagne une évolution structurelle de l’agence. La NASA a décidé de retirer progressivement sa flotte de satellites Tracking and Data Relay Satellite et d’orienter les futures missions en orbite basse vers des solutions commerciales. Les expériences actuelles doivent fournir des éléments techniques utiles à cette transition.

L’évaluation ne porte donc pas seulement sur un record de débit. Elle concerne également la continuité des liaisons, le transport des commandes, la capacité à combiner plusieurs orbites, l’intégration avec les stations au sol et l’acheminement autonome des données. La publication ne préjugeait ni de la conclusion des essais ni du choix définitif des services qui pourraient être retenus.

Le Communications Services Project est piloté par le Glenn Research Center de la NASA à Cleveland. Ses travaux avec l’industrie doivent se poursuivre jusqu’en 2027 afin de tester des capacités modernes de relais. Les démonstrations de Viasat et de SES viennent compléter celles d’autres partenaires et doivent aider l’agence à apprécier de nouvelles méthodes de transmission en temps réel des informations critiques produites dans l’espace.