Nils Larson a reçu le 26 septembre le prix Iven C. Kincheloe pour son rôle dans les essais du X-59, l’avion supersonique silencieux de la NASA. Le pilote avait dirigé le vol inaugural de l’appareil en 2025 avant de participer à l’exploration progressive de performances plus exigeantes.

NASA Blogs en a rendu compte le vendredi 9 octobre. L’agence a souligné qu’aucun projet d’essais en vol de la NASA n’avait valu cette distinction à son pilote depuis 44 ans.

Le programme a conduit le X-59 jusqu’à Mach 1,4 à 55 000 pieds, soit environ 16,8 kilomètres d’altitude. Cette étape a été atteinte dans le cadre d’une extension présentée comme sûre du domaine de vol, notion qui regroupe les différentes combinaisons de vitesse, d’altitude et de conditions auxquelles un appareil peut être soumis.

Dans un essai expérimental, l’objectif n’est pas de passer immédiatement du premier décollage aux performances les plus élevées. Les équipes progressent par paliers, examinent les mesures recueillies et évaluent les risques avant d’autoriser le point suivant. Le travail récompensé porte ainsi autant sur la méthode que sur les chiffres atteints.

Larson avait également contribué aux recherches et aux simulations utilisées pendant la mise au point du X-59. La préparation virtuelle permet de répéter les procédures, de prévoir certaines réactions de l’avion et de confronter l’expérience du pilote aux modèles conçus par les ingénieurs.

Une fois l’appareil en vol, les hypothèses doivent être comparées aux données réelles. Les sensations rapportées depuis le poste de pilotage, les instruments de bord et les calculs réalisés au sol constituent des sources complémentaires. Le pilote d’essai intervient donc dans un processus technique beaucoup plus large que la seule conduite de l’aéronef.

Au cours de la campagne, Larson a alterné les missions avec Jim « Clue » Less. Les deux pilotes ont participé aux vols menés à diverses vitesses, altitudes et conditions. Cette organisation permet à l’équipe de partager l’expérience opérationnelle et d’appliquer des procédures communes au fil des essais.

Le X-59 est la pièce centrale de la mission Quesst, consacrée à l’étude d’un vol supersonique moins bruyant. L’appareil n’a pas été présenté comme un simple démonstrateur de vitesse : sa forme et son emploi doivent servir à examiner les effets acoustiques produits lorsqu’un avion dépasse la vitesse du son.

Le bang sonique constitue depuis longtemps une difficulté majeure pour les vols civils supersoniques au-dessus des terres. Les ondes de pression générées par l’appareil peuvent être perçues au sol, ce qui place le bruit au cœur des questions opérationnelles et réglementaires. Les essais de Quesst cherchent à fournir des éléments de recherche sur une signature sonore plus discrète.

La NASA estime que le travail de Larson et de Less a fait progresser son objectif de rendre possible, à terme, un transport commercial supersonique silencieux au-dessus des terres. Cette ambition ne doit pas être confondue avec un service déjà ouvert. Le texte de l’agence n’annonçait ni changement de réglementation ni lancement d’une exploitation commerciale.

Le délai de 44 ans depuis la précédente récompense associée à un projet d’essais en vol de la NASA donne un relief particulier au prix. La Society of Experimental Test Pilots a distingué une contribution qui couvre la préparation scientifique, le premier vol et la poursuite méthodique des essais dans le domaine supersonique.

Au 9 octobre, le compte rendu de la NASA présentait encore les vols à différentes altitudes, vitesses et conditions comme un travail en cours, sans annoncer la conclusion de Quesst. Le prix remis à Larson reconnaissait donc une série d’étapes déjà franchies, tout en laissant ouverte la suite du programme de recherche du X-59.