L’organisation environnementale Bellona estime que Rosatom a dépassé son rôle de fournisseur de technologies nucléaires pour devenir un instrument industriel et politique de l’État russe. Son rapport examine notamment l’implication du groupe dans l’administration de la centrale de Zaporijjia, occupée par les forces russes depuis le 4 mars 2022.

Radio Free Europe/Radio Liberty l’a rapporté dimanche 18 octobre. Selon Truth Hounds, des représentants de Rosatom auraient coopéré avec les forces armées et les services de sécurité russes afin de contraindre des salariés ukrainiens à signer de nouveaux contrats et à rester à Enerhodar.

Les enquêteurs disent avoir recensé 292 cas de privation illégale de liberté ou de torture parmi les habitants, dont 87 employés de la centrale. L’opérateur ukrainien Energoatom affirme que 14 membres du personnel sont encore détenus. Plus de 4 000 salariés ont rejoint les territoires contrôlés par l’Ukraine depuis le début de l’occupation.

Le Royaume-Uni et les États-Unis ont pris des mesures contre le dirigeant de Rosatom, Alexeï Likhatchev, et certaines structures du groupe. L’Union européenne n’a toutefois pas imposé de sanctions communes à l’entreprise, plusieurs États restant dépendants de fournitures russes difficiles à remplacer rapidement dans le secteur nucléaire.